Sandrine Aumercier

Pour affronter la crise écologique, l´homme est entravé par une lourde et envahissante apathie reposant dans une large mesure sur des sentiments et attitudes dont il n´est pas conscient. L´absence de travaux analytiques sur cette question me laisse penser que nous autres analystes sommes aussi soumis à l´apathie commune.

                                                                    Harold Searles, 1972

Une consultation environnement

La psychanalyse s´intéresse à la singularité d´un discours. Toutefois, la personne qui consulte un psychanalyste n´est pas une espèce de monade dont il s´agirait de déchiffrer les formations inconscientes comme les tours de poisson dans un bocal. Le sujet de l´inconscient est d´emblée social. Cela se reflète dans toutes les sortes de relation entretenues par la personne vis-à-vis de son entourage : familial, amical, amoureux, professionnel, politique, associatif, réseaux sociaux... La psychanalyse ajoute le transfert à cette série.

 

On peut y ajouter l´environnement, compte tenu de l´ambiguité même du terme environnement : physique et social (humain et non-humain selon l´expression de Harold Searles), il rappelle que ce qui nous environne - les gens et les choses, mais aussi le sol et l´air, les mots et les idées - conditionne le discours. Nous sommes nous-mêmes un produit de l´environnement. Lacan l´exprime en disant que "les signifiants sont répartis dans le monde, dans la nature, ils sont là à la pelle" (13 janvier 1971).

 

Le paradoxe est qu´il faut la parole pour tomber sur cette condition. Sinon, elle reste une condition muette, de la même manière que nous oublions sans arrêt que nous respirons. La parole est donc la condition de la condition environnementale. La condition environnementale est une condition qui à la fois précède le discours et est produite par le discours. Il est impossible de séparer ces deux mouvements inverses sans tomber dans le piège idéaliste ou dans le piège mécaniste.

 

On parle aujourd´hui d´environnement, d´anthropocène, de développement durable, etc., comme de problèmes d´impact statistique (par exemple la réduction des émissions carbonées) ou techniques (l´innovation verte), dont les citoyens devraient être rendus plus "conscients" (faîtes un petit geste pour la planète s´il-vous-plaît). Il s´ensuit une mauvaise conscience qui n´empêche en aucun cas la situation globale d´empirer, comme nous pouvons le constater.

 

Prenons la question de l´environnement par l´autre bout. Non pas : combien d´efforts obsessionnels accomplis pour la planète ? (Il n´existe que trop d´informations et trop d´experts là-dessus). Mais : jusqu´où va-t-on dans sa question sur l´environnement, sur son propre environnement, sur son rapport à l´environnement, sur son souci de l´environnement ? A quoi bon calculer en permanence son empreinte écologique si on ne commence pas par se poser cette question dans sa radicalité politique ? Pourquoi l´environnement - ainsi que les angoisses, les discours et les pratiques qui s´y rapportent - devraient-ils être "moins importants" que l´environnement professionnel ou l´environnement familial ? Je propose une consultation spécifique sur la question toujours plus prégnante de notre rapport à l´environnement planétaire à l´heure où - cela saute aux yeux - les discours catastrophistes envahissent les médias et paralysent la réponse. Cette consultation accompagne un travail de recherche.

 

Les consultations se composent habituellement de 1 à 5 séances à 80 euros, qui peuvent dans certains cas être déduites de la déclaration d´impôts.

 

 

 

 

 


Eine Umwelt-Sprechsstunde

Die Psychoanalyse ist an der Einzigartigkeit eines Sprechens interessiert. Jedoch ist derjenige, der einen Psychoanalytiker aufsucht, keine Monade, deren unbewussten Bildungen es zu entziffern gälte, so wie die Bewegungen eines Fisches in seinem Glas.  Das Subjekt des Unbewussten ist von Anbeginn an ein soziales. Dies spiegelt sich in der Vielseitigkeit seiner Beziehungen zu seiner Umgebung: familiär, freundschaftlich, im Liebesleben, beruflich, politisch, im Vereinsleben, auf den sozialen Medien... Die Psychoanalyse fügt dieser Auzählung die Übertragung hinzu.

 

Man mag hier auch die Umwelt hinzufügen, in Anbetracht der diesem Begriff eigenen Ambiguität: materiell und sozial zugleich (menschlich und nicht-menschlich nach dem Ausdruck von Harold Searles), birgt dieser Begriff den Vorteil in sich, uns daran zu erinnern, dass das, was uns umgibt - die Menschen und die Dinge, aber auch den Boden und die Luft, die Worte und die Gedanken - die Voraussetzung des Diskurses ausmacht. Wir sind selbst Teil der Umwelt. bei Lacan kommt es so zum Ausdruck: "Die Signifikanten sind in der Welt, in der Natur verteilt, sie sind da in grossen Mengen" (13. Januar 1971).

 

Das Paradox besteht darin, dass es das Sprechen braucht, um auf diese Vorraussetzung zu stoßen. Ansonsten bleibt sie eine stumme Voraussetzung, genauso wie man unauförlich vergisst, dass man atmet. Das Sprechen ist also die Bedingung für die Voraussetzung der Umwelt. Anders gesagt wird die Umwelt zugleich die Voraussetzung des Diskurses und als Voraussetzung vom Diskurs produziert. Diese beide umgekehrte Richtungen können nicht voneinander getrennt werden, ohne dass man in die Falle des Idealismus oder des Mechanismus tappt.

 

Man spricht gerne heute von Umwelt, von Nachhaltigkeit, vom Anthropozän, oder was auch immer, als eine Sache der statistischen Auswertung (wie etwa die Verminderung der CO2-Emissionen) oder der technischen Anwendungen (die sog. grüne Innovation), denen gegenüber die Bürger ein größeres "Bewusstsein" entwickeln sollen (hier und da eine gute Tat für den Planeten). Daraus entsteht nur ein schlechtes Gewissen, welches den globalen Zustand nicht davon abhält, sich zu verschlimmern, wie man es merken mag.


Wollen wir die Frage der Umwelt umgekehrt begreifen? Nicht: wieviel zwanghaften Anstrengungen für den Planeten? (Darüber gibt es schon zuviel Informationen und Experten). Sondern: wie weit geht man mit seiner Frage um die Umwelt, über die Umwelt, die einen selbst umgibt, über den eigenen Bezug zur Umwelt, über die Sorge um die Umwelt? Wozu den eigenen ökologischen Fußabdruck ständig berechnen, wenn man sich diese Frage im vornerein noch nicht in ihrer politischen Radikalität gestellt hat? Warum sollte die Umwelt - und die darauf bezogenen Ängste, Diskurse, Praktiken - "weniger wichtig" als die berufliche oder die familiäre Umwelt/Umgebung sein? Ich biete eine Sprechsstunde insbesondere zu der immer prägnanteren Frage  unseres Bezuges zur globalen Umgebung an, zu dem Zeitpunkt - wie es offensichtlicher nicht sein kann -, wo die katastrophischen Diskurse die Medien überschwemmen und das Handeln lähmen. Diese Sprechsstunde begleitet ein Forschungsprojekt.

 

Das Angebot besteht üblicherweise aus 1 bis 5 Situngen (80 Euros pro Sitzung), die ggbf. steuerlich geltend gemacht werden können.